Dans un précédent billet depuis la Nouvelle-Zélande, je vous parlait que j’allais aller vers l’île du Sud. Et bien vu le temps très couvert qu’il faisait, c’est l’option que j’ai choisie.

Je suis donc parti pour faire quelques centaines de kilomètres pour aller vers Wellington, tout en prenant un auto-stoppeur (point qui a son importance!). J’avais prévu de m’arrêter un peu avant Wellington pour aller dormir dans un camping car ce serait moins cher qu’en ville, mais mon auto-stoppeur m’a dit qu’il y avait plein de backpackers (auberge de jeunesse) là-bas, pas trop chères, etc. J’hésite un peu mais allez, on est partis pour Wellington. Sur la route, j’essaie de discuter avec lui mais il a un accent néo-zélandais à couper au couteau (et encore, bien aiguisé le couteau) et je le fais répéter, j’arrive à peine à comprendre quand il me dit les tarifs du ferry aussi, puis il finit par s’endormir car il est crevé (mais il a réussi à défaire la poignée passager, accrochée au plafond, en s’agrippant après).

En arrivant pas loin de Wellington, on se prend la saucée, et il me dit quelque chose à propos d’une voiture de l’autre côté (« hmmm, ouais ouais, j’vais pas encore de faire répéter car sinon ça va vraiment te saouler qu’on se comprenne pas 😉 » me dis-je dans ma tête).

On arrive sur Wellington et il me dit qu’il y a plein de backpackers dans le coin, ce qui semble être le cas. Mais il y a aussi un autre point important, c’est le Sevens (Jérémie connait surement ;-)),  un évènement de rugby qui doit être super sympa (mais qui coûte un bras pour aller au stade, plus d’une centaine d’euros) où tout le monde va déguisé, dans une ambiance festive et heureuse malgré la pluie. C’est cool, ça fait de l’animation… sauf que tout ce joli petit monde dort où? Dans les backpackers! Et ouuuuiiiii, et la marmotte? Bon, vous avez compris, je me suis retrouvé à appeler tous les backpackers du coin (vous savez, avec ma SIM néo-zélandaise qui vous a refusé tous vos textos 🙁 ) et tout est plein, sauf un ou deux endroits où le dortoir est à 56$ NZD au lieu de la vingtaine habituelle. Géniallll! Sachant que c’est la fin d’après-midi et qu’il va vraiment falloir que je trouve un endroit où dormir. J’appelle quelques campings et en trouve un à 15$ NZD à 15 minutes de route de Wellington, en revenant sur « mes pas ».

J’y vais, et là… là j’ai compris ce que le néo-zélandais m’avait dit: « ah, tiens, les flics sont de sortie, ils ont mis leur petit van avec le flash ». Sur la nationale pour partir de Wellington, un ptit Jérémy, un peu agacé de devoir encore bouger et galérer pour trouver un endroit où dormir, par le temps pourri, etc, roule pourtant à la vitesse marquée (100), et …FLAAAASH!! Je vous passe sur les quelques mots d’injure de la langue française que nous connaissons tous, mais je l’ai encore plus mauvaise, et surtout ne comprend pas pourquoi je me suis fait flasher. Bon, c’est fait, tant pis!

J’arrive au camping, après avoir un peu galérer pour le trouver, et je rentre dans un endroit où il y a des caravanes qui sont là depuis un moment, des petits cabanons, et un maori qui me dit que c’est pas ici mais en haut qu’il faut aller pour l’accueil. Je reprends la voiture pour monter, sachant que c’est pas éclairé, et je monte, jusqu’en haut, en passant dans un petit chemin, bien en montée, où la voiture patine, et « CRAAC », hop, je bigne l’aile avant gauche (et voilà, l’assurance tout risque que j’ai pris est rentabilisée!), je suis au top! Tout ça pour qu’un autre gars me dise « c’est pas ici, c’est juste en dessous »… Paye ton demi tour dans le noir ou presque, dans un endroit pas fait pour… Je lui demande s’il a pas une bâche en plastique à me prêter pour la tente car la mienne tient pas la flotte, et il me file une bâche bleue encore emballée. Je dors dans le seul endroit où l’on peut poser la tente, et lors du montage, sous une pluie diluvienne, je le rappelle, ma tente est trempée avant même que j’ai le temps de finir de la monter… Et la bâche fait 1m², donc sert à rien. Ouéééééééééé! Je dormirais donc dans le « lounge » (ah ah ah, c’te blague!), je pose ma tente à l’abri pour qu’elle sèche un minimum, ou au moins ne soit pas plus trempée.

Bon, là j’ai un peu le moral dans les chaussettes, j’ai pas chaud, j’ai mon pantalon trempé, j’ai faim, et je suis dans un camping fantôme (souviens-toi émile du camping en Italie, le même en beaucoup plus petit et compact, moins bien éclairé, et surtout avec des gens bourrés qui passent devant moi en me parlant, et ça sent le joint dans les cabanons). Ce soir, c’est « feste », je me fait un MacDo, car Wifi et endroit au sec, et surtout le seul truc ouvert dans le coin. Et pour y aller, toujours pareil, un peu la galère dans ce coin car c’est pas éclairé, limite glauque, et il pleut toujours autant. Mais je crois que je n’ai jamais été aussi content de trouver un MacDo que ce soir là! Comme quoi, j’aurais jamais cru ça avant. Boisson à volonté, au chaud, avec quelque chose à manger de chaud, et le Wifi pour prendre mon billet pour le ferry le lendemain matin. Et pour finir sur les bonnes nouvelles, j’ai un prélèvement de 50€ car ils n’ont pas pris en compte ma demande d’annulation d’abonnement, heureusement je peux me faire rembourser (ce qui sera le cas!).

Je me couche emmitouflé dans mon duvet, avec mon sac près de moi pour me lever à 7h le lendemain et partir au plus vite pour prendre le ferry, et petit déjeuner dans la file d’attente, bien content de quitter Wellington!

Voici quelques photos prises le lendemain pour montrer l’endroit (bien moins glauque de jour que de nuit):

Le "lounge" où j'ai dormi
Le "lounge" où j'ai dormi
Le cabanon juste en face
Le cabanon juste en face
Autre vue du "lounge"
Autre vue du "lounge"
L'emplacement "prévu" de ma tente
L'emplacement "prévu" de ma tente